70%

  
  
C’est le taux de couverture des dépenses nettes par les recettes nettes du budget de la France pour 2011, ce taux se situant à mi-chemin entre le point le plus bas qui avait été atteint en 2009, à savoir 55%, et le niveau de 2007, c’est-à-dire 86%.

   Il manque donc dans les caisses de l’Etat 30% de recettes pour équilibrer notre budget, ce qui ne s'est pas produit depuis 1980.

   Contrairement à l’Espagne, l’Irlande et au Portugal, la France a contenu la crise financière car elle a conservé sa « signature » et profite de l'entente franco-allemande sur les marchés pour financer sa dette dans les mêmes conditions ou presque que sa voisine.

   Dans ce contexte d’austérité, j’ai voté ce budget qui prévoit 40 milliards d’économies. Pourtant, la crise irlandaise nous incite à être encore plus vigilants. Je ne peux m’empêcher d'être, dans ce contexte, au regard des chiffres arrêtés et de la méthode employée, soucieux quant à la faculté de tenir nos engagements européens.

   Le budget 2011 c’est :

   I/ Moins de déficit

   Les déficits vont être réduits de 60 milliards puisque nous allons passer de près de 150 à 92 milliards. 16 milliards proviennent de la fin du plan de relance, 7 de la croissance spontanée des recettes fiscales liée au redressement de l’économie, 7 de la baisse des dépenses de l’Etat et 10 de la suppression des niches.

   J'ai souligné dans la discussion générale que j’ai du mal à comprendre ce qu’est exactement une « niche fiscale ». Je n’ai jamais entendu un ministre défendre devant le Parlement la création d’une niche fiscale ! En tant que parlementaire, je n’ai jamais eu le sentiment de créer une telle disposition. En général, j’ai voté en faveur d’incitations fiscales destinées à favoriser l’emploi ou le développement. Cependant, du jour au lendemain, le vocabulaire change, puisqu’il s’agit désormais de «réduire la dépense fiscale».

    En réalité, supprimer ces « niches » revient à créer des prélèvements nouveaux à hauteur de 10 milliards d’euros, qui pèseront aussi bien sur les particuliers que sur les entrepreneurs.

   II/ Plus de dette

   Avec un montant de 1741 milliards d’euros, la dette équivaut à 26.784€ par Français. Nous l’avons héritée des nombreuses années au cours desquelles nous n’avons pas su être suffisamment attentifs à sa progression.

   La charge de la dette, deuxième budget après l’enseignement scolaire, devrait continuer à augmenter fortement, de quatre milliards par an. 50,5 milliards d’euros en 2012 et 55 milliards en 2013 seront consacrés au seul remboursement des intérêts de la dette.  Cet emballement ne peut être maintenant maîtrisé que si la France continue à bénéficier de taux d'intérêt extrêmement bas.

   III/ Plus de dépense publique

   Le Rapporteur Général du budget, Philippe Marini, a bien souligné qu'il n'y a pas réduction mais bien augmentation de la dépense publique, et à hauteur de 4,5 milliards d’euros. Certes, c’est la progression de la dépense publique qui ralentit. Reste que, pour l’instant, cette dépense publique continue d’augmenter.

   C’est dans cette mesure que l’équilibre fixé entre recettes et dépenses est pour moi difficilement acceptable. J'ai le sentiment que l’effort prévu en matière de dépense publique est insuffisant par rapport à celui qui est demandé avec la suppression de certaines incitations fiscales. À cet égard, j'éprouve une réelle déception. L’État est encore très loin de s’astreindre à la discipline en vigueur dans le secteur privé et dans les états européens.

   Prenons le seul exemple du ministère de l’éducation nationale qui représente le deuxième poste de la dépense publique. Sur les 31.000 emplois qui ne seront pas renouvelés dans la fonction publique, la moitié relève de ce ministère.

   Pour autant, l’étude des chiffres soulève un certain nombre de questions. La suppression de ces 15.000 postes permettra de réaliser une économie de 390 millions d’euros. Or, pour revaloriser les carrières, conformément à l’engagement du Président de la République, 199 millions d’euros seront réengagés, si bien que le gain engendré par cette mesure n’atteindra que 167 millions d’euros environ et ce sur une masse globale de 18 milliards d’euros.

   Cet exemple illustre parfaitement la difficulté qu’il y a à tenir un engagement en la matière. Lors de l’adoption du projet de loi de finances pour 2009 le rapporteur général nous l’a rappelé, l’État prévoyait de limiter à 1% la croissance de la dépense publique. Or, finalement, nous avons enregistré une augmentation de 2,4%.

   La gauche nous accuse, lorsque nous voulons ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux pour réduire la dépense publique d'obéir à une vision ultra libérale. Si c’était le cas, quel serait le pays au monde le plus ultralibéral ? Probablement Cuba car, cette année, 500.000 fonctionnaires ont été licenciés et reversés dans le secteur concurrentiel.

   Comme je l’ai souvent dit, nous devons faire face à une difficulté insurmontable, car, s’agissant de l’État, nous réfléchissons à périmètre constant. Pour ma part, j’ai une vision bien différente du périmètre de l’État.

  IV/ Trop d’Etat assistance

   Le périmètre de cet « État assistance » doit être réduit progressivement, afin que l’on se concentre sur les missions essentielles. Faut-il rappeler que c'est un gouvernement de gauche qui en Italie a défini les cinq missions régaliennes de l'Etat à savoir la défense nationale, la sécurité intérieure, la justice, la diplomatie et le recouvrement des impôts. Toutes les autres catégories d'agents de l'Etat sont destinées à converger avec le secteur privé.

   Faut-il rappeler que la France a depuis des décennies un système de retraite et de santé sans équivalent dans les autres économies développées et que cet effort devient insurmontable.

   Faut-il rappeler qu'à Paris nous sommes l’un des seuls États au monde à proposer un service public de transport géré par des sociétés d'Etat. Or, comme le démontre un rapport de la Cour des comptes paru il y a peu, l’État est moins performant que des sociétés capables, elles, de fournir le même service à un coût bien moindre. Pourtant, dans ce domaine, le Gouvernement n’a pas changé de vision. Lorsque j’entends dire que ce budget est inspiré par une vision libérale, je ne comprends pas.

   V/ Trop de prélèvements obligatoires

Alors que je me réjouissais, l’an dernier de la baisse des prélèvements obligatoires à 40,7% du PIB, je ne peux que regretter aujourd'hui la hausse à 42,9%, conséquence directe de l’augmentation des impôts. Ce taux de 42,9% est certes inférieur aux 43,6% de 2007 au moment de l’élection de Nicolas Sarkozy mais il marque une pression fiscale beaucoup trop élevée pour nos entreprises et augure mal de la tenue des engagements de 2007.

  La France reste malheureusement, selon l’Observatoire Européen de la Fiscalité des Entreprises, « championne » des prélèvements obligatoires, avec un taux pour les entreprises de 18,8% en 2008 contre une moyenne européenne de 13,1%. Ce taux, élaboré à partir de la base de données Eurostat de la Commission européenne, suit l’évolution des TPOE des 27 pays de l’Union européenne.


   A titre d'exemple, la taxe google, l'augmentation de la TVA sur les services triple play, le projet de taxe sur les services informatiques, font partie des nouveautés fiscales 2011.

   VI/ Une trop grande instabilité fiscale


   En réalité, seules les incitations peuvent véritablement redonner courage et envie aux entrepreneurs, accroître la compétitivité des entreprises et permettre aux grosses PME, c'est-à-dire celles qui ont 200 salariés et plus, de se multiplier, alors qu’elles sont quasi absentes dans notre économie, ce que nous regrettons lorsque nous devons développer notre commerce extérieur.


   Comment ne pas avoir le sentiment d’une certaine contradiction quand on constate que l’incitation fiscale prônée hier est aujourd’hui une 'niche fiscale' qu’il faut combattre ?

 

   Nos entreprises ont besoin de stabilité fiscale. Nous devons arrêter de remettre en cause, régulièrement, les dispositifs de soutien à la Recherche, bien avant qu’ils n’aient pu porter leurs fruits. C’est la raison pour laquelle j’ai voté contre ces mesures qui vont fortement impacter les PME, telles que la dégressivité des exonérations de charges liées au statut de la jeune entreprise innovante, la proposition de suppression de réduction d’impôt pour les entreprises qui dépensent plus de 100 millions d’euros au titre de la recherche. J’ai également refusé de ramener de 75 % à 67,5 % la réduction de l'ISF en cas d’investissement dans une PME.


   J'ai bataillé, aux côtés du gouvernement, contre mes collègues de l'Assemblée nationale et du Sénat, je dois dire avec un succès très relatif, pour préserver et développer les mécanismes qui ont fait leur preuve.

 

   Madame Christine Lagarde a défendu avec acharnement le crédit d’impôt recherche et les dispositifs mis en place notamment par Hervé Novelli au moment de la création de l’auto-entrepreneur car c’est de l’entreprise que vient l’emploi et non de l'Etat.

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Philippe Dominati

Sénateur de Paris
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CREDIT IMPOT RECHERCHE

Ce dispositif permet aux entreprises de déduire de l’Impôt sur les Sociétés (IS) 30 % de leurs investissements recherche et développement, dans la limite de 100 millions d’euros, et 5 % au-delà de ces 100 millions.
J’ai souhaité que, conformément à la volonté du gouvernement, et contrairement à la volonté de certains de mes collègues de l’Assemblée nationale, on ne change pas ce dispositif.
Le CIR est aujourd'hui l'un des dispositifs les plus performants dans le monde entier pour financer l'investissement en Recherche & Développement des entreprises françaises.
Il est notamment cité en exemple dans la Silicon Valley, et rend la France plus attractive pour les multinationales qui installent des laboratoires de recherche au sein d'écosystèmes incitatifs. Le CIR permet aussi aux PME de moins de 250 personnes de soutenir leurs investissements en équipes de R&D, ce qui est nécessaire dans les filières industrielles stratégiques pour remporter des marchés dans un contexte de compétition internationale intense.
A ceux qui opposent le manque à gagner pour l’Etat de 4 milliards chaque année, et les quelques abus constatés ici ou là, je réponds que la dépense fiscale figurant dans le PLF 2011 s’établit à 2,1 milliards d’euros, qu’il s’agit d’un investissement pour l’avenir, que nos entreprises ont besoin de stabilité, de visibilité fiscale, de sécurité juridique et de cohérence dans les politiques publiques .Un euro de CIR génère entre un et trois euros de dépenses de recherche supplémentaires et les PME représentent les deux tiers des nouveaux bénéficiaires . Il est donc urgent de maintenir en l’état ce puissant levier de croissance.

 

+10%

De charges pour les familles qui emploient un salarié à domicile déclaré au réel. Le gouvernement a décidé de passer en force, malgré l’adoption de plusieurs amendements dont le mien, la suppression de l’abattement de 15 points de cotisations pour les employeurs à domicile déclarant un salarié au régime réel. Cette nouvelle mesure entraînera, inévitablement, une augmentation des déclarations au forfait dont le régime est moins favorable aux salariés. A l’heure où le gouvernement s’apprête à lancer un grand plan contre la dépendance, où ces emplois devraient être revalorisés, où est la cohérence ? Nous devons renforcer le lien social, aider les familles et non faire croire qu’une telle mesure est « l’économie la plus importante du PLF ». Ne nous y trompons pas, le gain de la mesure sera non pas de 460 millions mais de moins de 100 millions car outre les déclarations au forfait qui augmenteront, les heures officielles effectuées vont être réduites. Oui à la réduction de la dette de l’Etat, mais pas sur l’emploi, pas sur les familles ou les publics les plus fragilisés !

 

LES CHANGEMENTS EN 2011 POUR LES MENAGES

- Emplois à domicile : suppression de l’abattement de 15 points sur les cotisations patronales de sécurité sociale pour les ménages déclarant leur salarié au réel

- Immobilier : le crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt, mesure phare du « paquet fiscal », disparait. Il est remplacé par le nouveau prêt à taux zéro auquel peuvent prétendre tous les primo-accédants, sans condition de ressources. Les familles nombreuses de cinq enfants et plus en Ile-de-France pourront emprunter gratuitement 100.000€ contre 30.000 € auparavant.

- Mariage : fin des déclarations de revenus multiples pour les impôts l’année du mariage, du pacs et du divorce.

- Hauts revenus : relèvement du taux marginal de la tranche supérieure d’impôt sur le revenu (à 41 %), hausse des contributions sur les stocks options, suppression du crédit d’impôt sur les dividendes perçus par les actionnaires, augmentation des prélèvements sur les retraites chapeau.

- Diminution de 10% sur 22 niches fiscales et sociales

- Photovoltaïque : crédit d’impôt réduit de moitié.

- Assurance maladie : baisse du taux de remboursement des médicaments à service médical « modéré » et légère hausse du ticket modérateur.

 

 

 

 

250 MILLIONS D’ECONOMIE

grâce à la suppression des RTT dont bénéficiaient les fonctionnaires lorsqu'ils étaient malades. Désormais, la période pendant laquelle le fonctionnaire bénéficie d’un congé pour raison de santé ne peut générer du temps de repos. Autrement dit le « compteur » à RTT d’un agent malade ne tourne plus. S’il est malade 10 % des jours dans l’année, et qu’il a normalement 10 jours de RTT par an, il en perdra un. Au-delà de la comparaison avec le privé et du rétablissement d’une certaine équité, l’enjeu budgétaire est substantiel. Les agents de la fonction publique d’Etat sont malades en moyenne 13 jours par an, ce qui génère un jour de RTT par an et par agent. Ce sont ainsi près de deux millions de jours soit environ 10 000 équivalent temps plein qui sont accordés sur la base d’une réduction indue du temps non travaillé.

 

CET

La Contribution Economique Territoriale (CET), née de la réforme de la taxe professionnelle, réintègre les salaires dans la base imposable constituée par la valeur ajoutée. Celle-ci, qui visait à alléger la charge des entreprises se traduit au contraire à terme pour certaines PME par une croissance moyenne de l’impôt de 582% ! C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité, par amendement lisser sur 8 ans et non 5 cette augmentation subite.

 

CONTRE

l'instauration d'un nouveau prélèvement de 1% sur les achats de publicité en ligne, dite 'taxe google'. Cette taxe, dont on sait très bien qu'elle sera finalement supportée par le consommateur ou par les petites entreprises, est un bien mauvais signe adressé au commerce par Internet, lequel est appelé à se développer à l'avenir. Elle risque d'entraver la compétitivité des entreprises du secteur. Il est en outre inopportun que notre pays soit le seul à mettre en place cette taxation ; en l'espèce, une approche européenne est nécessaire.

 

MES AMENDEMENTS

Les 53 amendements que j'ai déposés à l'occasion de l'examen du PLF 2011 visaient principalement à :

·  maintenir le dispositif du crédit d'impôt recherche en l'état

·  maintenir le statut des Jeunes Entreprises Innovantes

·  maintenir le plafond de réduction d'impôt à 75% pour les investissements dans le capital des PME

·  maintenir l'avantage dit Madelin en faveur de l'investissement dans les petites entreprises communautaires (moins de 50 salariés de 10 millions d'euros de total de bilan)

·  lisser l'augmentation résultant de la nouvelle taxe professionnelle (CET) pour les entreprises à forte masse salariale

·  supprimer l'ISF

·  supprimer la taxe Google

·  sortir la résidence principale de l'assiette de l'ISF

·  sortir des congés maladie des fonctionnaires l'acquisition de jours de RTT.
Pour en savoir plus sur ces amendements.

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