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LOGEMENT

Répondre à l’urgence.


L’Assemblée Nationale vient d’adopter la loi de mobilisation pour le logement qui avait été examiné par le Sénat à l’automne. C’est l’occasion de faire un état des lieux du logement en France. Doit-on rendre obligatoire l’hébergement des sans-abris ? Pourquoi peut-on parler de «  crise du logement » et comment sortir de celle-ci ?

 

ETAT DES LIEUX : PENURIES ET HAUSSE DES PRIX

 

Les dépenses de logement constituent le premier poste budgétaire des familles bien avant l'alimentation. Sur 31,3 millions de logements en France au 1er janvier 2005 ; 25,6% sont des résidences principales occupés par une moyenne de deux ou trois personnes. En 2005, 57% des ménages français étaient propriétaires de leur logement soit 14,6 millions de ménages. Mais aujourd’hui, 1,5 millions de logements manquent en France.

 

Selon  le rapport sur le mal-logement 2007 de la Fondation Abbé Pierre, 3 261 600 personnes connaissent une problématique forte de mal-logement, 5 963 145 personnes sont en situation de réelle fragilité à court ou moyen terme et il existe au moins 100 000 SDF.

Le poids budgétaire du logement social en France est de 500 milliards d’euros pour l’Etat.

 

La crise est incontestablement due à une pénurie de 1,5 million d’habitations, ce qui a entraîné une augmentation des coûts du logement supérieure à 70% à celle des revenus de ces 10 dernières années. Cette explosion des prix immobiliers pénalise lourdement les familles modestes et les classes moyennes.

 

Mais n’est-elle pas aussi due à l’interventionnisme de l’Etat sur le marché locatif ? Un interventionnisme qui dissuade de nombreux épargnants de l’investissement locatif : le contrôle des loyers, ou l’inscription d'un droit opposable au logement dans la loi sont le prélude à la mise en place d'une gestion autoritaire du logement par l'Etat. On peut encore s’interroger sur le témoignage d’une mère de famille défrayant récemment la chronique qui vit dans deux chambres d’un hôtel social pour un montant de 2800 € par mois majoritairement pris en charge par l’aide sociale !

 

Pour autant, il faut reconnaître qu’un décollage semblait s’amorcer en 2007 avec la construction jamais égalée depuis 30 ans de 437 000 logements contre 300 000 en 2002. Mais en 2008, s’amorce un décrochage avec 360 000 mises en chantier.

 

 

 

 

LES SOLUTIONS POUR SORTIR DE LA CRISE

 

Pour tenter d’enrayer ce ralentissement et endiguer les effets de la crise, la ministre du logement, Christine BOUTIN, dans la droite ligne de ses prédécesseurs Jean Louis Borloo et Gilles de Robien, a mis en place une politique volontariste : maison à 15 euros, augmentation de 28% en 4 ans des places d’accueil pour les SDF et adoption d’un projet de loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion.

 

Ce projet de loi s’articule autour de cinq priorités :

 

 

I/ Renforcer l’engagement des organismes d’habitations à loyer modéré et du 1 % logement dans la mise en œuvre de la politique du logement

 

Pour favoriser la construction de logements sociaux, le texte prévoit en effet de renforcer la mutualisation des moyens entre organismes HLM. Un prélèvement sera opéré sur ceux dont l’effort d’investissement est réduit et qui disposent de moyens financiers surabondants, au profit des organismes qui ont des besoins plus importants.

 

Le projet de loi rénove en profondeur la gouvernance du 1% logement afin d’améliorer le pilotage et le suivi des actions qui seront mises en œuvre, en fonction d’objectifs conformes aux priorités de la politique du logement.

 

Diverses mesures visent par ailleurs à favoriser la mobilité des locataires au sein du parc HLM, notamment en cas de sous-occupation du logement ou pour les locataires dont les ressources permettent de se loger dans le parc locatif privé. Afin de ramener la proportion des ménages ayant droit au parc HLM de 70% à 60%, le texte abaisse de 10% les plafonds de ressource pour accéder au logement social. « Depuis vingt ans, alors que le nombre de logements sociaux a fortement augmenté, la file d’attente devant le logement social n’a cessé de s’allonger, parce que l’on a étendu le bénéfice du logement social à deux Français sur trois » soulignait Nicolas Sarkozy fin novembre dans son discours de soutien au logement.

 

II/ Favoriser la construction de 100 000 logements supplémentaires

 

Outre la prise en compte des réalités locales par le renforcement du plan local de l’habitat (PLH), l’amélioration de la constructibilité en zone urbaine, la mise en œuvre de partenariats innovants entre opérateurs publics et promoteurs privés,  l’Etat a décidé d’organiser l’achat à un prix décoté de 30 000 logements en vente en l’état futur d’achèvement (VEFA), dont les travaux n’ont pas été lancés faute de certitude sur les ventes. L’Etat poursuivra également la libération des terrains publics en vue de la construction de 70 000 logements d’ici 2012. C’est donc un programme de 100 000 logements supplémentaires, sociaux et intermédiaires qui est mis en œuvre.

 

III/ Lancer un programme pluriannuel de requalification des quartiers anciens dégradés qui permettra de résorber efficacement l’habitat indigne, de remettre sur le marché des logements vacants et de faciliter la rénovation énergétique des logements existants, tout en maintenant la mixité sociale dans les quartiers. Les dispositifs d’aide à l’investissement locatif « Robien » et « Borloo » sont recentrés sur les zones où le marché immobilier présente les plus fortes tensions.

 

 

 

 

IV/ Développer l’accession populaire à la propriété d’une part en étendant au logement collectif c'est-à-dire aux appartements et non plus seulement aux maisons le dispositif dit du « Pass foncier », d’autre part en étendant le  bénéfice des prêts d’accession sociale à 60% des familles contre 20% aujourd’hui.

Le Pass foncier permet aux ménages qui souhaitent devenir propriétaires de leur résidence principale de payer en deux temps d’abord la construction de la maison, ensuite le terrain, lorsque le prêt construction est remboursé.

 

V/ Permettre l’accès des plus défavorisés à l’hébergement et au logement, pour concrétiser la mise en œuvre du droit au logement opposable

 

Ainsi, les marchands de sommeil ne pourront plus se prévaloir de l’insalubrité du logement pour expulser des locataires. Les cas dans lesquels les organismes HLM peuvent prendre en gestion ou à bail des logements du parc locatif privé afin de les louer ou sous louer à des ménages éprouvant des difficultés, sont étendus. Pour protéger les petits propriétaires qui n’ont que leur loyer pour compléter leur retraite, le délai d’une expulsion locative est ramené de 3 ans à un an, à partir de la décision du juge.

 

Grâce au plan de relance du 4 décembre, près de 1,8 milliards d’euros supplémentaires seront apportés par l’Etat au secteur du logement. Après la forte croissance de 2007 et le record sans précédent des 437 000 nouveaux logements, le ralentissement de 2008 exige une vigilance particulière. Ce secteur du bâtiment emploie 1,2 millions de Français et une chute de production de 10 000 logements entraînerait 20 000 chômeurs de plus et 370 millions de recettes fiscales en moins.  Ce texte est nécessaire, il répond probablement à la situation d’urgence ; il est enrichi par les mesures du plan de relance et apporte peut-être des réponses de fond à la crise du logement. Il reste néanmoins perfectible car trop d’interventionnisme de l’Etat et des collectivités publiques déséquilibre fortement l’initiative privée et atténue la flexibilité si nécessaire dans ce secteur.

 

 

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1er DECEMBRE 2008 : ENTREE EN VIGUEUR DES RECOURS DALO

Votée le 5 mars 2007, la loi sur le droit au logement opposable (Dalo) est entrée en vigueur le 1er janvier 2008. Elle prévoit que les mal logés dits « prioritaires » (selon l’ancienneté de la demande, les ressources etc…) peuvent former un recours auprès de commissions de médiation départementales. Dans les zones dites « tendues » en matière d’offres- c’est le cas de l’Ile-de-France - le préfet dispose d’un délai de six mois. Au-delà, si aucune solution de relogement n’est proposée aux demandeurs, ceux-ci peuvent dès aujourd’hui déposer un recours au tribunal administratif. Mais la justice n’obligera pas l’Etat à loger ceux qui obtiennent  gain de cause. Elle se contentera de leur attribuer des indemnités dont le montant n’est pas fixé.

 

Selon les associations, depuis janvier 2009, plus de 11 000 personnes ont  déposé une demande à la préfecture de Paris pour être considérées comme prioritaires. 5400 dossiers ont été jugés recevables mais à ce jour, seul 128 d’entre eux ont donné lieu à un relogement. La loi prévoit que les autres peuvent saisir la justice après six mois de silence de la part de l’administration.

 

 

 

DIFFICILE EQUATION PARISIENNE

En 2007 :

- 1 322 540 logements à Paris pour 2,1 millions d’habitants.

- 176 023 logements sociaux.

- 112 935 demandeurs d’un logement social dont 22 959 non parisiens. - 12 500 attributions de logements sociaux.

- Sur 1 110 912 résidences principales :

1 pièce : 265 257 (23,9 %)

2 pièces : 357 670 (32,2 %)

3 pièces : 256 942 (23,1 %)

4 pièces : 137 056 (12,3 %)

5 pièces : 62 468 (5,7 %)

6 pièces et plus : 31 519 (2,8 %)

- Les studios et les deux pièces représentent 53 % des résidences principales à Paris contre 33 % en petite couronne et 16 % en grande couronne.

- La moyenne des surfaces de logement à Paris est de 59 m2 contre 70 m2 en petite couronne et 76 m2 en Ile-de-France.

- Les 13ème, 19ème et 20ème  arrondissements concentrent 50 % du parc social.

- Bien que la moyenne nationale soit de 9,5 %, le taux de rotation dans le parc social est de 4,2 % à Paris.

 

 

Bilan de la premiere mandature delanoe

Sur les 30 016 logements sociaux annoncés lors de la mandature 2001-2007, 12 097 logements étaient à construire,  7 369 à réhabiliter et 9 740 conventionnés. Mais seulement un peu plus de la moitié d’entre eux, 17 211, étaient effectivement livrés fin 2007 soit une moyenne de 2800 nouveaux logements sociaux par an à Paris. Un nombre très faible au regard des 2,1 millions d’habitants de la capitale et un rythme de construction très éloigné des effets d’annonce de Bertrand Delanoë !

Au moment où le pouvoir d’achat est la préoccupation n°1 de nos concitoyens, le maire de Paris, pour donner un coup de pouce, crée un impôt départemental de 3 % sur le foncier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE SCANDALE DU NOUVEAU SIEGE DE L’OPAC

131 millions d’euros pour 5000 m2 soit plus de 26 000 € le m2 ! C’est le coût du  nouveau siège de l’OPAC.

 

SANS-ABRIS : HEBERGEMENT OBLIGATOIRE OU PAS ?

Il faut, affirme la Ministre du logement, trouver la juste mesure entre deux principes fondamentaux que sont la liberté individuelle et l’assistance à personne en danger.

 

rupture

En deux temps trois mouvements, le président de la République a enterré la doctrine affichée par le gouvernement depuis septembre, qui consistait à refuser toute mesure d’ordre fiscal dans le plan de relance. La France, contrairement à ce qui se fait dans toutes les économies développées, était le seul pays à exclure ce type de mesure. Un discours répété par Eric Woerth, Christine Lagarde et même Patrick Devedjian. Il y a trois semaines, le président de la République avait déjà pris une mesure concernant la suppression de la taxe professionnelle, pour un coût de 8 milliards d’euros. Jeudi 19 février, c’est 2,6 milliards d’allégements fiscaux qui ont été annoncés.

 

 

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