|
|
10
|
INTERROGATIONS
SUR
LE BUDGET DE L’ETAT
|
|
Dans quelques jours, nous allons
aborder l’examen du budget au Sénat. En cette période de crise, il est
nécessaire d’être pragmatique mais certaines questions motivent depuis
longtemps mon engagement politique. Voici quelques données et questions qui
définissent les enjeux de ce budget.
|
|
1) croissance zero en 2009 ?
|
|
Face à une crise financière lourde d’incertitudes, la
Ministre de l’économie Christine LAGARDE affiche une certaine prudence
« cette crise est appelée à durer, ce serait une erreur de croire que
tout redeviendra comme avant ». Elle a également annoncé jeudi en
séance publique au Sénat les nouvelles estimations de la croissance pour
les années à venir : entre 0,2 et 0,5% du PIB pour la croissance 2009,
2% pour 2010 et 2,5% pour 2011 et 2012. Le Fonds monétaire international
vient de confirmer une croissance pour l’économie française limitée à 0,2 %
l’an prochain. Cela implique évidemment une révision du projet de loi de
finances qui avait été déposé au Parlement avant la crise financière.
Exercice difficile compte tenu de la forte instabilité des paramètres
économiques. Souvenons nous que le dollar, qui était valorisé à 1,45€ en
juillet dernier au moment de l’élaboration du projet de loi de finances,
est monté à 1,60 € avant de redescendre aujourd’hui à 1,30 €. Idem pour le
prix du baril de pétrole, à 140 € cet été, et aujourd’hui à moins de 70 €.

|
|
2) la croissance française est-elle dynamique ?
|
|
Le tableau comparatif des taux chez nos alliés met
malheureusement en exergue la situation difficile de la France. Avec la
plus faible moyenne de taux de croissance (1,7 % contre 3,25 % aux USA) sur
quatre ans, le constat est sévère. L’année 2008 est particulièrement
préoccupante.

|
|
3) Le Projet de loi de finance 2009 est-il
equilibré?
|
|
Quid, dans ces conditions
exceptionnelles, des recettes et dépenses de l’Etat ? Selon Claude
Goasguen, il ne semble pas mis « au régime
strict, au pain sec et à l’eau ». Avec des recettes
s’élevant à 298,5 milliards d’euros et des dépenses à 349,8 milliards
d’euros, le déficit budgétaire de l’Etat se creuse. Avant
1975, le budget de la France était en excédent. Depuis lors - soit depuis
plus de 30 ans !- la France est en déficit chaque année.
Une
entreprise générant un déficit de presque 20 % aurait depuis longtemps mis
les clés sous la porte…

|
|
4) POURQUOI ABANDONNER LES BAISSES
D’IMPÔTS ?
|
|
Alors que le moral des entreprises
et des ménages n’a jamais été aussi bas, caractérisé par une période
« d’attentisme », le gouvernement a annoncé, avant l’été,
l’abandon de son objectif de baisse des prélèvements obligatoires. Il a
d’ailleurs précisé que ce niveau serait maintenu jusqu’en 2012. La faible
contraction de la dépense publique tout autant que la création de nouvelles
taxes viennent en effet atténuer les baisses effectuées au début de la
mandature : taxe RSA sur les revenus du capital, hausse de 0,3 % des
cotisations retraites, taxe sur les assurances et les mutuelles, taxe sur
les opérateurs de téléphonie mobile pour financer le projet de loi
audiovisuel, taxe générale sur les activités polluantes. La pause dans la
baisse des prélèvements obligatoires entame sérieusement la confiance des
Français.

|
|
5) inverse t-on la tendance ?
|
|
Depuis quatre ans, le surplus de recettes était
systématiquement affecté à la réduction du déficit public, mais le peu de
marge de manœuvre dont nous disposions est en train de disparaitre,
creusant inexorablement le déficit de l’Etat. La France risque de revivre
le cauchemar de 2003. Si le scénario d’une explosion du déficit se
confirmait, la France se trouverait isolée. Pour la première fois depuis
quatre ans, les prévisions de la loi de finances initiale sont largement
dépassées.

La situation de la France a en effet évolué à contre
courant de la plupart de ses partenaires européens et notamment de
l’Allemagne.

|
|
6) le non remplacement de 30.600
fonctionnaires suffira t-il ?
|
|

Près d’un départ à la retraite sur deux ne sera pas
remplacé ans dans la fonction publique, soit une baisse des effectifs de
30600 fonctionnaires de l’Etat sur 2,5 millions. C’est un effort considérable
car ce chiffre représente autant en une année que tous les efforts
effectués sur le quinquennat précédent. Pourtant ces 30600 suppressions de poste annoncées ne
pèsent pas lourd : une économie brute de 900 millions d’euros soit 450
millions net compte tenu du fait que la moitié sera rendue aux
fonctionnaires afin de les intéresser aux réformes. Sans compter les
pensions des fonctionnaires qui vont coûter de 2 à 2,75 milliards d’euros
de plus par an. Les dépenses de personnel représentent 43% du budget de
l’Etat contre 44% il y a trois
ans !
|
|
7) pourquoi a-t-on autant de mal a reduire la
depense publique ?
|
|
« C’est la maîtrise de la
dépense qui garantit la solvabilité de l’Etat » ainsi que le soulignait
très justement le ministre du budget Eric Woerth. C’est la raison pour
laquelle le gouvernement a lancé en juillet 2007 une Révision Générale des
Politiques Publiques (RGPP) qui constitue la base des grandes orientations
des finances publiques pour les années 2009-2012. Dans le cadre de cette
révision générale le gouvernement a pris 337 décisions de réformes
destinées à rendre l’Etat plus efficace et les politiques publiques mieux
ciblées, grâce à un meilleur service rendu à l’usager, un coût mieux
maîtrisé et un travail plus valorisant pour les fonctionnaires. Elles
devraient, selon le gouvernement, générer 7 milliards d’euros d’économies
en trois ans. Mais ne serait-il pas possible de faire encore mieux si l’on
compare ces chiffres avec les gains de productivité réalisés en moyenne
dans le secteur privé ou chez nos homologues européens ?

|
|
8) Quelle dette publique pour nos enfants ?
|
|
Quel
parent avisé laisserait à chacun de ses enfants un montant de plus de
20 000 € de dettes ? Avec 1269,3 milliards de dettes publiques au
30 juin 2008 soit 65,7 % du PIB alors que le programme de stabilité
européen fixe à 60 % du PIB la limite autorisée d’endettement public pour
un Etat membre de l’Union européenne, la France bat des records. Certes,
elle n’est pas seule dans ce cas. L’Allemagne connaît un endettement
identique, à ceci près qu’elle a intégré l’Allemagne de l’Est. La France se
distingue par son extrême difficulté à s’approcher de l’équilibre
budgétaire.
Il y a le montant de la dette, mais
il y a surtout son coût - d’un montant total de 44,6 milliards d’euros dans
le projet de budget 2009 - qui est en train de s’envoler en raison de la
hausse des taux d’intérêt qui alourdissent la charge de la dette. Pour la
seule année 2008, la charge non anticipée de la dette s’est alourdie de
quatre milliards d’euros ! La charge de la dette correspond
aujourd’hui au deuxième poste de dépenses de l’Etat. La recherche de
l’équilibre est une nouvelle fois reportée à 2012…

|
|
9) Quels investissements pour la france ?
|
|
L’investissement ne représente
malheureusement que 6,5 % des dépenses publiques…
Si l’Etat doit réduire ses
dépenses, il faut en revanche soutenir bien davantage les investissements
et les entreprises. C’est la raison pour laquelle je souscris sans réserve
à la proposition de renforcer l’investissement en faveur des PME en portant
à 75 000 voire à 100 000 € la déduction fiscale des contribuables
assujettis à l’ISF qui investiraient dans les petites entreprises.
Saluons également l’initiative
de Nicolas Sarkozy qui vient d’annoncer que tous les nouveaux
investissements dans les entreprises seraient exonérés à 100 % de la taxe
professionnelle jusqu’au 1er janvier 2010.
|
|
10) Quid du déficit de la sécurité
sociale ?
|
|
Le budget social de la nation
est plus important que le budget de l’Etat- plus de 300 milliards
d’euros ! Le gouvernement prévoit que le montant du déficit du régime
général de la sécurité sociale s’élèvera à 9,3 milliards en 2008 et 10,5
milliards en 2009. Ce budget social est plus important que le budget de
l’Etat. Cela explique le fait que le taux de nos prélèvements obligatoires
soit le plus haut parmi ceux des autres grands pays développés.
Il faut donc œuvrer à la
clarification des relations financières entre l’Etat et la sécurité
sociale. Malgré des progrès, la dette de l’Etat envers la sécurité sociale
atteint les 5 milliards d’euros. Le gouvernement n’a annoncé qu’un
remboursement d’1,5 million d’euros cette année.
Le rapporteur du projet de loi
de finances pour la sécurité sociale, Alain Vasselle,
a pointé du doigt les nombreux efforts à faire en terme
de transparence et de prévision afin de limiter le déficit de la Sécurité
Sociale. Gageons que le débat sur ce texte sera l’occasion d’apporter des réponses
concrètes.
|
|
|
Toutes les évidences
ne sont pas bonnes à dire.
Vous comprenez à la
lecture de ces données, la complexité de la situation dans laquelle se
trouve aujourd’hui notre pays.
Je me suis engagé à vous
dire la vérité. Aussi, il est normal que je vous fasse partager mes
inquiétudes. Pour autant, depuis l’élection présidentielle, un grand
nombre de décisions structurelles ont été prises. Beaucoup de réformes
qui attendaient depuis des années ont été menées tambour battant.
L’action est de
rigueur. Mon rôle dans l’examen de ce budget sera d’accentuer la
réduction des dépenses publiques afin de pouvoir, à terme, tenir nos
objectifs.
|
|
|
Vous recevez ce message car vous êtes inscrit sur la lettre
d'information du Sénateur
Philippe Dominati.
Pour vous désinscrire
de la liste, envoyez un mail vide en cliquant ici.
Pour faire parvenir cette lettre à vos amis, cliquez ici.
Conformément aux
dispositions de la loi "informatique et libertés" du 6 janvier
1978, vous disposez d'un droit d'accès et de rectification aux données personnelles vous concernant.
|
|
|
N’HESITEZ PAS A ME FAIRE PART DE VOS REACTIONS
|
|
Par mail : ph.dominati@
senat.fr
Par téléphone :
0142343053
Par fax :
0142344261
Par
courrier :
Philippe Dominati
Sénateur de
Paris
15 rue de Vaugirard
Palais du Luxembourg
75291 Paris Cedex 06
|
|
317 personnes
|
|
ont assisté lundi 3 novembre au lancement du cercle des
réformateurs de Paris sous la présidence du Sénateur de Paris Philippe DOMINATI
et du député de Paris, Claude GOASGUEN en présence du Secrétaire d’Etat,
Hervé NOVELLI.
Ce cercle est la représentation au niveau parisien des
Réformateurs, association nationale intégrée à l’UMP et présidée par Hervé
NOVELLI.
Il a été question du Grand Paris, thème sur lequel le
cercle parisien va travailler prioritairement.
|
|
madelin
|
|
Le 3 décembre 2008 se réuniront les membres du club du
Ranelagh lors d’un dîner-débat au Pavillon Dauphine autour de Claude Goasguen,
député de Paris et Alain Madelin, ancien Ministre.
Plus de renseignements sur http://www.dinerdu3.com/
|
|
REVENUS DU TRAVAIL
|
|
Le projet de loi a été adopté par le Sénat
le 28 octobre 2008.
Les
dispositions de ce texte sont organisées en
trois grandes catégories : la promotion de l’intéressement et de la
participation, la modification de la procédure de fixation du SMIC et le
conditionnement des allègements de charge à l’ouverture de négociations sur
les salaires.
En savoir plus
|
|
PLAN NUMERIQUE 2012
|
|
Eric Besson, Secrétaire d’Etat notamment chargé du
développement de l’économie numérique a présenté le 20 octobre dernier le
plan « France Numérique 2012 ». Ce plan est articulé autour de
quatre actions : permettre à tous les Français un accès aux réseaux numériques,
développer la production et l’offre de contenus numériques, diversifier les
usages et les services numériques et enfin rénover la gouvernance et
l’écosystème de l’économie numérique.
Concrètement, ce plan va se traduire par la
généralisation de l’accès à internet haut débit fixe d’ici à 2012, un droit
opposable à un accès internet haut débit à un tarif abordable et la
couverture d’ici à 2012 de 4 millions de foyers en fibre optique pour
permettre un accès au Très haut débit.
Lire le rapport
|
|
CREATION ET INTERNET
|
|
Le projet de loi Internet et Création a été adopté par
le Sénat, le 30 octobre 2008.
L’objectif essentiel du texte est de dissuader les internautes
de télécharger illégalement des œuvres. Il institue un système de
"riposte graduée" allant de l’avertissement par simple courriel
puis par lettre recommandée à la suspension de la connexion internet pour
une période de 3 à 12 mois.
Le texte doit maintenant être discuté devant l’Assemblée
Nationale.
En savoir plus
|
|
PROJET DE LOI LOGEMENT
|
|
Le projet de loi de lutte pour le logement et la lutte
contre l’exclusion a été adopté par le Sénat le 21 octobre 2008.
Ce texte crée l’obligation pour chaque organisme HLM de
conclure d’ici à 2010 une convention avec l’Etat fixant des objectifs
concernant le nombre de logements à construire, le nombre de logements à
mettre en vente, les loyers ou la qualité des services aux locataires.
Un article qui visait à comptabiliser l’accès social à
la propriété dans les 20% de logements sociaux imposés aux communes dans le
cadre de la loi SRU a malheureusement été rejeté par le Sénat.
En savoir plus
|
|