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La réforme
constitutionnelle prévoit désormais que soit soumise au Parlement toute
décision d’engager des forces à l’étranger au-delà de quatre mois. C’est la
raison pour laquelle l’Assemblée et le Sénat ont approuvé le 21 septembre
dernier le maintien des troupes françaises en Afghanistan.
Sept ans après les attaques terroristes du 11 septembre
2001, plus d’un mois après l’embuscade du 18 août dernier, et quelques
jours seulement après l’attentat d’Islamabad « le 11 septembre
pakistanais », les débats ont été houleux, chargés d’émotion, de
doutes et d’angoisses, malgré une détermination certaine. Les enjeux
dépassent évidemment le simple maintien des presque 3000 soldats français.
Ces troupes sont sur place pour « assurer
notre sécurité collective, afin que l’Afghanistan ne redevienne pas le
sanctuaire du terrorisme international » ainsi que le
soulignait très justement François Fillon. Elles y sont dans le cadre d’un
mandat de l’ONU, déployées par la Force Internationale d’Assistance à la
Sécurité (FIAS) qui regroupe plus de 47 000 militaires de 39 nations
dont 25 de l’Union européenne. Mais le mandat des forces internationales a
changé. De simple maintien de la sécurité à Kaboul et dans la région de la
capitale comme cela était prévu en 2003, la FIAS est aujourd’hui chargée de
la « stabilisation » de l’ensemble du pays et de la
reconstruction, voir de la lutte contre le trafic de drogue.
Pour assurer la sécurité, nos moyens militaires sont
renforcés dans les domaines de l’aéromobilité, du renseignement et de l’appui
mais numériquement, augmenter les forces militaires renforcerait le
nationalisme et le sentiment d’occupation par la population locale.
L’équation n’est pas simple. Notre stratégie repose d’abord, comme le
rappelait le Premier ministre sur « l’afghanisation » des forces armées en
Afghanistan en aidant la formation des soldats et des policiers afghans.
L’objectif est de former et d’équiper une armée de 80 000 hommes avant
2010 et 130 000 hommes à terme.
Notre stratégie repose aussi sur la reconstruction
rapide de l’Afghanistan, en soutenant le gouvernement Karzaï.
Les résultats sont certes déjà tangibles: à titre de seul exemple, en 2001
seuls 800 000 garçons étaient scolarisés, aujourd’hui il ya 6 millions
d’écoliers dont 40 % de filles. Mais sur les 20 milliards de dons
recueillis à Paris, combien seront détournés ? Comment diminuer la
culture du pavot qui a explosé depuis 2002 dans les zones contrôlées par
les Talibans ? 90 % de l’héroïne
provient des champs de pavot afghans qui représentent 60 % du PIB !
« Comment lutter contre ce fléau quand le
blé rapporte deux fois moins » s’interrogeait notre
collègue Aymeri de Montesquiou.
« Ne pourrait-on imaginer une prime à
l’hectare versée à ceux qui abandonnent l’opium pour une autre
culture ? »
Notre stratégie repose enfin sur la démocratisation de
l’Afghanistan et la réconciliation des Afghans, mais aussi sur un
développement de notre relation politique et sécuritaire avec le Pakistan. Les
Talibans profitent de la porosité de la frontière entre ces deux pays pour
étendre leur assise.
A l’heure où la France préside l’Union européenne, où
les Russes et les Chinois eux-mêmes s’apprêtent à voter, comme nous, une
résolution renouvelant d’un an le mandat de la FIAS, le maintien des forces
françaises est une évidence. C’est la communauté internationale toute
entière qui est appelée à lutter contre le terrorisme. Mais gardons nous de
toute inscription dans le marbre. L’angoisse de l’enlisement, la mémoire de
nos 27 soldats, celle de leurs plus de 4000 homologues d’Outre-Atlantique,
appellera sans doute rapidement à une nouvelle orientation de cette guerre.
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Le
« Grand Paris ». Si cette terminologie a les faveurs de la
presse, elle est souvent mal comprise de tout un chacun. En réalité Paris,
limitée à ses 105 km2 et ses 20 arrondissements tels qu’ils furent définis
en 1860, fait figure d’exception par rapport aux grandes métropoles
mondiales. Songez que la seule commune de Londres couvre 1580 km2, soit
quinze fois plus que Paris ! Le territoire parisien est par
ailleurs nettement séparé des communes limitrophes et les ignorances entre
Paris et ses voisins constituent un lourd handicap face aux problèmes de
logement, d’emploi, de transport.
Comme le souligne Nicolas Sarkozy dans sa lettre de
mission à Christian Blanc, secrétaire d’Etat au développement de la Région
capitale, « le pouvoir
d’attraction économique et culturel de la région parisienne est un facteur
de succès pour l’ensemble du territoire national ». C’est la raison pour laquelle Paris
a plusieurs défis à résoudre : défi économique, défi des transports et du
logement, défi culturel, défi de la gouvernance.
Défi économique car dans ses frontières héritées du
XIXème siècle, Paris s’étiole ; le taux de chômage y est même supérieur à
la moyenne nationale. Depuis la Seconde Guerre Mondiale, les gouvernements successifs
n’ont eu de cesse d’inciter les entreprises à ne pas s’installer en région
parisienne au nom de la politique d’aménagement du territoire. Mais, force
est de constater que ce combat est dépassé. Paris est en concurrence non
pas avec Marseille, Lyon ou Rouen mais avec Londres, Bruxelles, Francfort…
La croyance qu’il faut affaiblir Paris pour renforcer les métropoles de
province est une hérésie. Les capitales régionales ont besoin d’une
capitale forte pour se développer au sein de l’Union européenne et au sein
d’une économie mondialisée. Paris se doit de retrouver son dynamisme et sa
capacité d’attraction ; cette exigence passe obligatoirement par
l’élargissement de sa zone d’influence. La Défense, les zones économiques
d’Orly ou de Roissy, les villes nouvelles appartiennent à cet espace
économique européen qu’il convient de mieux valoriser.
Défi des transports
et du logement car Paris et sa proche banlieue étouffent. La
faiblesse des investissements, le manque de plan d’ensemble cohérent,
l’absence de liaisons transversales, de liaisons Nord/Sud modernes pèsent
sur le quotidien des Franciliens et la compétitivité de la capitale. Le
nombre important d’acteurs, l’Etat, la Région, les communes, la SNCF, la
RATP… empêchent la mise en œuvre d’un plan de modernisation des
infrastructures routières comme ferroviaires.
Défi culturel et touristique ; Paris attire plus de 50
millions de touristes étrangers. Mais ils restent moins longtemps dans la
capitale que dans les autres grandes capitales étrangères. Paris devient de
plus en plus une ville musée, une ville statufiée. Il faut ouvrir la ville,
la libérer du carcan du périphérique et englober les villes de la petite
ceinture.
Défi de la gouvernance car Paris capitale de deux
millions d’habitants, découpée en vingt arrondissements de taille inégale,
s’insère dans un ensemble de 12 millions d’habitants et n’est pas gouvernée
comme les autres grandes métropoles françaises ou européennes.
Le premier défi de gouvernance est donc de nature
interne. Nul ne peut nier que la carte des
arrondissements est obsolète. Dix arrondissements, ceux du cœur
de Paris comptent moins de 90 000 habitants, six arrondissements qui sont
en bordure du périphérique, ont plus de 180 000 habitants. Comment gérer de
manière identique ces arrondissements de taille et de poids différents.
Comment imaginer que le 1er arrondissement qui compte 17 700 habitants soit
le poids d’une petite sous-préfecture puisse être géré comme le 15ème
arrondissement qui dépasse 232 000 habitants soit le poids d’une grande
métropole régionale ? Le découpage actuel est le fruit d’un passé révolu.
Les Parisiens habitent essentiellement dans les arrondissements
périphériques (du 13 au 20ème) et travaillent au cœur de Paris ou en
banlieue. Plus de 300 000 Parisiens exercent leur activité professionnelle
au-delà du périphérique. Le redécoupage des arrondissements s’impose avec
le regroupement de ceux du cœur de Paris et peut-être un dédoublement des
13ème, 15ème, 18ème, 19ème et 20ème arrondissements.
Par ailleurs, cette nouvelle répartition devrait
s’accompagner d’un accroissement des pouvoirs dévolus aux mairies
d’arrondissement. A Paris, les pouvoirs de police appartiennent toujours à
l’Etat et non aux maires.
Le deuxième grand problème de la gouvernance est lié à
l’absence d’espace de coopération réunissant Paris et les villes qui
l’entourent. A la différence de Bordeaux, Toulouse, Marseille, Lyon,
Strasbourg…, Paris n’est pas le cœur d’une communauté urbaine. Pourtant
s’il y a une ville qui dispose d’une banlieue dense dépendant de son
centre, c’est bien Paris. Pour des investisseurs étrangers, Paris ne
s’arrête pas au périphérique ; La Défense, Roissy, Orly, Villepinte… sont
considérés de l’extérieur comme des quartiers de la métropole. La capitale,
tout à la fois commune et département, vit dans l’ignorance des
départements qui l’entourent et de la Région qui l’englobe. Faute de
structures politiques, l’absence de coordination et de synergie est criante
en matière de transports, de logements, de développement économique.
Faut-il alors, comme le propose le Sénateur Dallier, un Grand Paris se substituant aux quatre
départements de la petite couronne, une communauté urbaine ou une fusion
des régions et départements d’Ile-de-France ? Paris
doit gagner en lisibilité, efficacité, clarification des compétences et
avoir une masse critique suffisante pour rivaliser avec les grandes
capitales internationales.
C’est à ce prix que notre capitale retrouvera son élan.
Rendons hommage à notre Président qui souhaite, à l’horizon
2030, faire de sa capitale une « ville-monde »
ouverte, dynamique, attractive, créatrice de richesses et d’emplois.
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