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Changement de cap ?

Coup sur coup, deux réformes remettent en cause le cap que suivait le gouvernement dans sa volonté de baisser les prélèvements obligatoires. Déjà en juillet dernier, le ministre Christine LAGARDE nous informait que la baisse des impôts n’était plus une priorité…

Alors que pendant l’été les incertitudes économiques se sont renforcées de sorte que le Premier Ministre a dû annoncer une révision de la croissance à la baisse, le gouvernement propose désormais des impôts nouveaux pour financer ses réformes,  notamment sur le RSA qui touche les classes moyennes et fait tanguer la majorité parlementaire.

 

REFORME DE L’AUDIOVISUEL PUBLIC

 

Depuis sa création, il y a soixante dix ans, la télévision est, en France, un grand sujet de passions.

 

Son organisation, ses modes de financement font l’objet de changements incessants donnant lieu, presque à chaque fois, à des conflits et à des grèves. Les réformes de l’ORTF, ainsi que le souligne Michelle Cotta dans « Mes Carnets Secrets », donnèrent lieu à des polémiques infinies dont celle alimentée par la gauche et les syndicats, opposés à l’ouverture de la publicité sur les chaînes publiques.

 

Dans la lettre de mission du 1er août 2007 que le Président Nicolas Sarkozy a adressé au Ministre de la Culture, il demande une remise à plat de l’ensemble du régime juridique qui régit l’audiovisuel français. Il souligne avec justesse que  l’environnement dans lequel s’inscrit la politique culturelle est en pleine transformation avec le développement de la révolution numérique, que l’audiovisuel doit se repositionner afin de faciliter l’accès au plus grand nombre aux œuvres de l’esprit. A cette fin, le Président de la République considère que  France Télévisions doit fortement affirmer son identité de service public à travers une offre culturelle plus dense, plus créative, plus audacieuse ; une offre qui marque une plus grande différence avec les chaînes privées ; une offre fondée sur des programmes populaires de qualité aux heures de grande écoute.

 

Pour marquer la réorientation de France Télévisions, il propose de réétatiser son financement en lui retirant, à partir du 1er janvier 2009, l’accès à la publicité.

La suppression de la publicité est censée libérer les chaînes publiques de la dictature de l’audimat et permettre le recentrage de leurs grilles d’émissions sur la culture, l’éducation et l’information.

 

Le coût de cette mesure est d’environ un milliard d’euros pour  d’une part compenser l’absence des recettes publiques et d’autre part répondre aux attentes du rapport sur la réforme de l’audiovisuel public.

 

Malheureusement, cette ambition a une incidence dommageable pour nos concitoyens car elle se traduit par trois ponctions supplémentaires. L’une vers tous les opérateurs de téléphonie mobile et  des fournisseurs d’accès à Internet, à hauteur de 0,9 % de leur chiffre d’affaires. Ce prélèvement se justifierait du fait de l’utilisation par ces opérateurs des images produites par les télévisions, mais nul doute que les opérateurs répercuteront à la première occasion ce nouveau prélèvement sur les consommateurs. La deuxième ponction est destinée à taxer les recettes publicitaires supplémentaires des télévisions privées. Enfin cette réforme aura aussi pour effet de revaloriser le montant de la redevance qui n’a pas bougé depuis 2002 en l’indexant sur l’inflation alors que de nombreux parlementaires de la majorité souhaitaient la supprimer au nom de la bataille du pouvoir d’achat.

 

Dans une conjoncture où les difficultés économiques surgissent, où les prélèvements obligatoires ont stoppé leur baisse et dépassent de plus de 3 points le niveau de la moyenne européenne (40 % du PIB), on peut légitiment s’interroger sur l’opportunité dune telle réforme.

 

Le rêve des partisans de la fin de la publicité serait de faire de France Télévisions une BBC à la française. Or, la BBC britannique a traversé de graves crises ces dernières années, en particulier d’ordre budgétaire. Les chaînes publiques anglaises n’ont pas échappé aux modes télévisuelles et au règne de l’audimat. Réétatiser, recentraliser, c'est-à-dire recréer l’ORTF, peut apparaître surréaliste au regard des motifs ayant conduit à sa suppression il y a trente-quatre ans. En effet, l’ORTF était considérée comme ingérable et trop dépendante des pouvoirs publics. Le pluralisme passait par l’éclatement et par les recettes de la publicité.

 

Contrairement aux idées reçues, le financement par des taxes fiscales n’est pas un gage d’indépendance. A partir du moment où les chaînes dépendent quasi-exclusivement des impôts, c’est l’Etat, et qu’on le veuille ou non, le Gouvernement, qui détermine la ligne, qui fixe le budget...

 

Par ailleurs, le financement par l’impôt ne libèrera pas les chaînes de la dictature de l’audimat. Les redevables s’interrogeront encore plus qu’aujourd’hui sur l’utilisation de leur argent. Or, si le choix est de tirer vers le haut les programmes de France Télévisions, il est évident, même si on peut le regretter, que le nombre de téléspectateurs diminuera. Les contribuables seront-ils prêts à payer pour une télévision regardée par un nombre réduit d’entre eux qui de toute façon a les moyens d’aller dans les musées, aux théâtres ou aux concerts ? Ne demanderont-ils pas des comptes aux pouvoirs publics ?

 

Si la suppression de la publicité suscite nombre d’interrogations, il faut néanmoins reconnaître le bienfondé de simplification de la gouvernance de France Télévisions. Les 49 sociétés composant actuellement le groupe seraient en effet fondues en une entreprise unique et la réorganisation de France 3 se ferait autour de sept pôles régionaux au lieu de 13 actuellement.

 

Chaque année France Télévisions dépense 2,7 milliards d’euros ; ce groupe ne peut-il, de par une meilleure gestion, avoir une marge de manœuvre suffisante pour trouver l’essentiel des recettes nécessaires ?

 

Pour le libéral que je suis, les objectifs du Président sont louables mais le coût de la suppression de la publicité n’est pas supportable dans la conjoncture économique actuelle.

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RSA : UNE grande réforme AU FINANCEMENT CONTESTE

 

Avec le RSA, le Président de la République tient un engagement de campagne majeur en luttant contre l’assistanat et en poursuivant l’effort de revalorisation du travail.

 

Le Revenu de Solidarité Active, mis en œuvre par Martin HIRSCH, répond à trois objectifs : simplifier les dispositifs existants, inciter à la reprise d’activité, lutter contre la pauvreté au travail.

 

Le nouveau dispositif du RSA remplace 4 prestations : le revenu minimum d’insertion (RMI), l’allocation de parent isolé (API), les systèmes d’intéressement (primes forfaitaires de retour à l’emploi) et la prime de retour à l’emploi. Par ailleurs, un Contrat Unique d’Insertion vient simplifier le dispositif des différents contrats aidés.

 

Le deuxième objectif est d’inciter les bénéficiaires des différentes prestations, remplacées par le RSA, à la reprise d’un emploi en rendant les revenus prévisibles dans la durée et en mettant fin aux situations, encore fréquentes, dans lesquelles une personne qui gagne 100 euros de plus peut voir ses revenus diminuer de 100 euros. « Quand l’assistanat paie plus que le travail, on démoralise la France qui travaille » souligne très justement le Président de la République. Le RSA garantit une augmentation des revenus : quand on gagne 100 euros du fait de son travail, le RSA baisse de 38 euros et la personne garde ainsi 62 euros.

 

Le troisième objectif est de lutter contre la pauvreté au travail : le RSA généralisé sera ouvert aux 1,7 millions de travailleurs pauvres qui ne touchaient jusqu’à maintenant aucune aide au titre des minimas sociaux en raison des « effets de seuil ».

 

Trois millions de foyers vont ainsi percevoir le RSA. D’une part, les personnes sans aucune ressource, et notamment sans revenus tirés du travail. Pour eux, le montant du RSA restera fixé au niveau de l’API ou du RMI. D’autre part – et c’est la nouveauté- plus d’un million et demi de travailleurs pauvres toucheront une moyenne de 106 € de plus chaque mois pour subvenir à leurs besoins.

Le surcoût du RSA, au delà des 7,5 milliards mobilisés par l’Etat au titre des minimas sociaux sera de 1,5 milliards d’euros pour les seuls six derniers mois de 2009 soit probablement autour de 3 milliards les années suivantes. Une augmentation de 40% des fonds de l’Etat pour l’insertion et contre la pauvreté.

 

Malheureusement, le gouvernement n’a pas trouvé d’autre solution que de financer ce RSA par une taxe de 1,1% sur les revenus du patrimoine et des placements des Français (dividendes, assurances vie, revenus fonciers, plus-values à l’exception du Livret A, du CODEVI, du livret jeune et du livret d’épargne populaire)

 

Le contribuable a beau être grand seigneur et partager le souci légitime de lutte contre la pauvreté du Président de la République, cette nouvelle taxe a du mal à passer, annoncée au moment où il doit payer l’impôt sur le revenu, la taxe foncière, les divers frais dus à la rentrée. Alors que notre pays consacre 14 milliards à la formation professionnelle et entre 16 et 18 milliards aux 35 h, et que la Revue Générale des Politiques Publiques est censée libérer des économies, il donne le sentiment d’abandonner son objectif de baisse de la fiscalité. Notre pays détient pourtant un record d’Europe des taux d’imposition.

« Evadons-nous du rituel à dépense nouvelle, impôt nouveau » comme le souligne très justement Edouard Balladur. Veillons, à tout le moins, à ce qu’une évaluation rapide du dispositif soit mise en place, et à ce que la surtaxe de 1,1% sur les revenus du capital puisse disparaître à terme. L’ancien Premier Ministre Jean Pierre Raffarin a par ailleurs émis l’idée d’une franchise, qui limiterait le paiement de la nouvelle taxe aux ménages les plus aisés ! Claude Goasguen, député de Paris, a annoncé qu’il ne votera pas le RSA, « sauf si l'Etat s'engage formellement à ce que le mode de financement du RSA soit transitoire et se serre la ceinture ».Quant à Philippe Marini, Sénateur de l’Oise, il qualifie le RSA de «  péché contre la cohérence ».

 

Après deux ans de baisse des prélèvements obligatoires ce nouvel impôt laisse maladroitement supposer un changement de cap et entame en tous les cas sérieusement l’épargne - et la confiance de nombreux ménages.

 

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EN BREF

 

114

114, c’est le nombre de sénateurs qui seront élus le 21 septembre prochain, par plus de 50.000 grands électeurs. Il s’agit du dernier renouvellement par tiers puisqu’en 2011, le Sénat se renouvellera par moitié, la durée du mandant étant elle, de six ans.

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EN BREF

 

Campus d’été réussi

Le Campus d’été de l’UMP est une réussite pour le nouveau président des jeunes populaires, Benjamin Lancar et pour ses homologues parisiens Jean-Baptiste Olivier et François Merlet.

Le thème de l’unité a en effet largement dominé les débats tout en acceptant des échanges parfois vifs sur le financement du RSA !

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EN BREF

 

108
C’est le nombre de parlementaires issus des Réformateurs réunis autour d’Hervé NOVELLI pour soutenir le rythme et la volonté des réformes prônées par le Président de la République. Ils ont insisté sur la nécessité d’augmentation du pouvoir d’achat de nos concitoyens par des économies drastiques dans le budget de l’Etat. Hervé Novelli lancera le cercle local des réformateurs de Paris lors d’un diner vers la mie- octobre  à Paris.

Il définira la campagne que feront les réformateurs à l’occasion du renouvellement des instances de l’UMP Paris.

 

 

 

RSA MODE DEMPLOI

 

D’une part le RSA remplacera les deux principaux minimaux sociaux c’est-à-dire le RMI (447,91€/mois) et l’API (566,79€/mois pour une femme enceinte ou 755,72€ pour femme avec un enfant à charge et 188,93€ par enfant supplémentaire).

 

D’autre part - c’est nouveau - le RSA complètera les revenus d’activité des travailleurs pauvres. Pour eux le RSA représentera en moyenne 110€ par mois en plus pour subvenir à leurs besoins et jusqu’à 130€ par mois pour un couple avec enfants. Ils devront s’adresser à leur CAF pour recevoir ce complément de revenus.

 

Exemple concret :

Nathalie était au RMI et percevait 447€ par mois. Si elle avait repris un travail à quart temps elle aurait touché 257€ de salaire et 137€ de RMI différentiel, ce qui aurait correspondu pour elle à une baisse de revenus puisqu’elle n’aurait plus touché que 394€. Avec le RSA, si elle reprend un travail à quart temps, elle gagnera 553€ dont 296€ de RSA.

En savoir plus

 

 

 

VISITE DU PAPE A PARIS

 

Alors que près de 300 000 fidèles accueillaient le pape Benoît XVI aux Invalides samedi matin et après la bévue du maire  de Paris avant le succès des JO de Pékin, lors de la venue du Dalaï Lama, Bertrand Delanoë n’a pas voulu se faire insulter par une partie de sa majorité. On se souvient du tollé soulevé par ses amis Verts lors de l’inauguration du parvis de Notre-Dame Jean-Paul II. L’ancien souverain pontifie qualifié « d’assassin » ! Cela explique sans doute la discrétion inhabituelle pour une grande ville dont a fait preuve la municipalité parisienne...