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Consommation : la loi LAGARDE


Depuis le mois de décembre, j’ai été absorbé par le rapport que la commission spéciale sur le projet de loi réformant le crédit à la consommation m’a confié.

 

Pour la première fois de mon mandat de parlementaire, j’ai dû exercer cette fonction de rapporteur qui consiste à  enquêter, auditionner et recueillir un maximum d’avis avant de défendre un projet de loi. J’ai bénéficié à  cette occasion de la bienveillance du président de cette commission, le sénateur Marini, rapporteur général du Budget.

 

Les Français sont plutôt raisonnables en matière de crédit. Dans notre pays, la particularité est que le crédit renouvelable ou crédit revolving s’est développé de façon beaucoup trop importante à l’occasion de campagnes extrêmement agressives voir scandaleuses.

 

Trop souvent, les élus voient dans les commissions de surendettement un nombre  important de familles -700 000 personnes en France-  victimes du cycle infernal de ces crédits dont les taux sont trop élevés (19 % en moyenne), dont ils ne savent même pas s’ils remboursent simplement les intérêts ou s’ils amortissent le capital. Pendant des années, ces consommateurs luttent avec acharnement pour finalement finir en faillite personnelle dans une commission de surendettement.

Pour autant, ces crédits existent partout dans le monde. Ces vingt dernières années, nombre de modifications législatives ponctuelles ont été apportées, ce qui témoigne de la difficulté qu’il y a à trouver un point d’équilibre entre la nécessité de développer le crédit, moteur essentiel de l’économie, pour permettre à nos concitoyens de consommer conformément à leurs besoins et à leurs capacités, et celle de protéger les ménages contre les risques d’un crédit mal maîtrisé.

 

Profitant de la transposition d’une directive européenne, Madame Lagarde s’est personnellement impliquée afin de stabiliser durablement les mécanismes du crédit à la consommation par un grand nombre de dispositions complémentaires dont les principales sont :

 

·        Désormais, chaque échéance sur un crédit renouvelable devra comprendre un remboursement minimum du capital restant dû. Les gros crédits renouvelables devront être remboursés en cinq ans maximum et ceux de moins de 3000 € en trois ans.

 

·        Si un consommateur souhaite régler à crédit des achats supérieurs à un certain montant, toute proposition de crédit renouvelable devra systématiquement être accompagnée d’une offre alternative de crédit amortissable.

 

·        La vente de crédit renouvelable par le biais des cartes de fidélité (type grands magasins) sera mieux encadrée, la règle devenant le règlement comptant et non pas sous forme d’un crédit avec plusieurs échéances

 

·        Une mention préventive « un crédit vous engage et doit être remboursé » sera instaurée dans les publicités relatives au crédit.

 

·        Des sanctions seront mises en place pour les prêteurs qui ne consulteraient pas automatiquement le fichier des incidents de paiement (FICP) ;

 

·        Les  prochains cas de surendettement seront traités 2 fois plus rapidement (3 mois au lieu de 6) ;

 

·        La confidentialité des opérations sur le lieu de vente est renforcée

 

En ce qui concerne le  Sénat, nous avons  enrichi ce projet de loi en abordant trois thèmes qui n’étaient pas véritablement évoqués mais qui pour nous sont au cœur de la problématique.

 

1.      D’une part, nous nous sommes attaqués au mécanisme des taux d’usure. Il n’est pas satisfaisant. Il ne donne satisfaction à personne et les taux sont trop élevés dans le crédit renouvelable. Il faut radicalement modifier ce mécanisme. La commission spéciale a ainsi réformé le calcul des taux de l’usure applicables aux prêts à la consommation. En tant que rapporteur, j’ai rappelé que nous restions, avec l’Italie et la Belgique, le dernier des grands pays industrialisés à être soumis à une législation sur l’usure.

 

2.      Deuxièmement, nous avons voulu prendre une orientation décisive pour la mise en place d’un fichier positif. (voir lexique)

 

En transposant les résultats obtenus en Belgique à notre situation, il apparaît que nous devrions constituer un fichier de 15 millions de personnes pour éventuellement prévenir le surendettement de 18 000 personnes par an. Avec cette proportion proche de 1 pour 1000, l’efficacité de cet outil serait relative.

                                                                                            

Cependant, la mise en place d’un fichier pourrait renforcer la concurrence entre les établissements financiers, permettre une baisse des taux au profit des consommateurs et donc l’accueil de nouveaux entrants, 15 % de nos concitoyens étant actuellement exclus du crédit.

 

Concrètement, le Sénat a acté du  principe de la création d’une « centrale des crédits aux particuliers » tout en confiant l’évaluation de la faisabilité à une commission temporaire chargée de rendre son rapport dans un délai de trois ans après la promulgation de la loi.

 

Pour autant, cela pose un certain nombre de problèmes pour les libertés individuelles.

 

3.      Enfin, la Commission Spéciale du Sénat a souhaité développer le micro-crédit. Nous mettons en place un cadre législatif et des incitations particulières pour développer cette forme de crédit destinée aux plus faibles. Afin de donner un nouvel essor au microcrédit personnel, la commission a ajouté un article qui le définit en mettant l’accent tout à la fois sur l’objet du crédit, la capacité de remboursement des emprunteurs et l’accompagnement social dont ils doivent bénéficier, et qui autorise le Fonds de Cohésion sociale à prendre en charge les dépenses d’accompagnement des bénéficiaires ainsi que les frais d’opération de ces évaluations.

 

Réduire la part du crédit renouvelable au profit du crédit amortissable et améliorer le traitement du surendettement sont deux ambitions partagées par tous. Le fait que certaines suggestions soient restées en débat n’a pas empêché un large accord sur les points essentiels de ce texte.

 

C’est la raison pour laquelle le texte approuvé par le Sénat est, dans une forte amplitude, celui que j’ai fait adopter lors de la commission spéciale. Il a été voté en première lecture et adopté à une large majorité. Il sera examiné en première lecture à l’Assemblée nationale en septembre avant d’être soumis à une deuxième lecture par les deux chambres.

 

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Philippe Dominati

Sénateur de Paris
15 rue de Vaugirard
Palais du Luxembourg
75291 Paris Cedex 06

 

POUR EN SAVOIR +

Cliquez ici pour lire le rapport du Sénateur Philippe DOMINATI

 

 

 

 

 

LEXIQUE

Crédit renouvelable

Le crédit revolving est un prêt permanent qui se reconstitue automatiquement au fur et à mesure des remboursements du crédit. Le taux de l’emprunt est en moyenne de 21% alors que le taux des crédits amortissables est en moyenne de 14%.

 

Taux d’usure

C’est le taux maximal effectif s'appliquant aux opérations de prêt.

 

Fichier positif

C’est une base de données qui recense l’ensemble des crédits contractés par les particuliers. Il doit permettre d’informer les établissements de crédit sur la situation financière des particuliers souhaitant contracter un crédit. Ce fichier existe déjà dans de nombreux pays européens.

 

Commission de surendettement

700 000 Français sont concernés par une procédure qui équivaut à une faillite personnelle. La commission de surendettement est apparue en même temps que la procédure de surendettement au début des années 90. C’est une branche de la Banque de France et il y en a une par département. Cette commission a pour but d’aider les personnes en grande difficulté financière en établissant un plan conventionnel de redressement consistant soit au report ou rééchelonnement du remboursement des dettes, soit à la remise des dettes, ou bien enfin à la réduction voire la suppression des taux qui affectent les dettes (taux d’intérêts…).

 

DEFICIT : EXPLOSION HISTORIQUE

Le déficit public atteindra entre 7 et 7,5% du PIB cette année, et sera « probablement » équivalent l’an prochain, a indiqué lundi le ministre du Budget et des Comptes publics, M. Eric Woerth. En un an le déficit budgétaire de l’Etat a plus que doublé,  passant de 56, 3  à plus de 125 milliards d’euros.  7 % du PIB, cela signifie qu’il manque aujourd’hui dans les caisses 45 % des recettes attendues pour équilibrer le budget de l’Etat français !

 

 

 

 

 

 

REMANIEMENT : 8 NOUVEAUX PARMI LES 38

Sur proposition du Premier ministre, le président de la République a nommé, le 23 juin 2009, huit nouveaux ministres.

 

Frédéric Mitterrand ministre de la Culture et de la Communication

 

Michel Mercier ministre de l'Espace rural et de l'Aménagement du territoire

 

·                          Henri de Raincourt ministre auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement

 

Christian Estrosi ministre auprès de la ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, chargé de l'Industrie

 

Pierre Lellouche secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes.

 

Nora Berra secrétaire d'Etat chargée des aînés, auprès du ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité

 

Benoît Apparu secrétaire d'Etat, chargé du Logement et de l'Urbanisme, auprès du ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie et du Développement durable

 

Marie-Luce Penchard secrétaire d'Etat chargée de l'Outre-mer, auprès du ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales

 

GERARD LONGUET PRESIDENT DU GROUPE UMP DU SENAT

Pour succéder à Henri de Raincourt devenu ministre des Relations avec le Parlement, les sénateurs UMP ont très largement élu mardi 7 juillet leur nouveau président de groupe, Gérard Longuet, ancien ministre et sénateur de la Meuse. Figure des indépendants, Gérard Longuet a recueilli 132 voix et 19 abstentions. En effet, constatant la dynamique provoquée par cette candidature, son challenger Eric Doligé a préféré se retirer pour renforcer l’unité du groupe UMP. La vision commune de l’avenir l’a emporté sur les clivages provenant des anciennes formations politiques.

 

 

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