L'héritage Hollande : un désastre
 

     La semaine dernière avait lieu, au Sénat, un événement toujours très attendu : la présentation du rapport annuel de la Cour des comptes. Ce rapport, présenté par le Premier président de la Cour, Didier Migaud, revêt à moins de trois mois de l’élection présidentielle une importance particulière. De fait, il constitue l’ultime état des lieux de nos finances publiques avant la fin du quinquennat de François Hollande. L’heure du bilan a donc sonné, et c’est peu dire qu’il est alarmant sur l’état économique et financier de notre pays.
 

Faillite financière et gabegie électoraliste

 
     C’est d’abord vrai du déficit budgétaire, la France restant l’un des derniers pays de la zone euro, aux côtés de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce, à faire encore l’objet d’une procédure pour déficit public excessif. Conséquence directe : notre endettement, qui atteint le niveau pléthorique de 96,2% du PIB, est supérieur au niveau d’endettement moyen (90,1%) de l’ensemble des pays de la zone euro. Difficile toutefois de s’en étonner, alors que notre dépense publique, de l’ordre de 57% du PIB, est supérieure de 10,7 points à la moyenne de la zone euro. Chez nos voisins européens, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas, la dette a ainsi continué de reculer alors que la nôtre n’a fait que se stabiliser tout proche du précipice. Au plan fiscal, le contre-choc n’a parallèlement jamais eu lieu, malgré l’annonce d’un pacte de responsabilité resté en grande partie incantatoire. Timide et trop tardive, le mouvement de réduction des prélèvements obligatoires a même été stoppé dans le budget 2017.

 

Autre facteur d’inquiétude : la dette n’a pu être contenue que grâce à l’émission d’obligations du Trésor aux taux de rémunération largement artificiels. Ce jeu de bonneteau pratiqué par François Hollande devrait encore alourdir la charge de la dette de l’Etat et réduire d’autant les marges de manœuvre de son successeur. Le rapport de la Cour des comptes nous apprend par ailleurs que la diminution du déficit est due, pour 40%, à la baisse des taux d’intérêt fixés par la Banque centrale européenne ainsi qu’à celle de notre contribution au budget de l’UE. Or, l’un et l’autre devraient remonter, ce qui se concrétise déjà avec les taux d’intérêt. Bref, la légère résorption du déficit budgétaire (de 3,5 à 3,3% du PIB en 2016), agitée triomphalement par le gouvernement socialiste, est due à des facteurs totalement indépendants de sa volonté...

    Cette situation, périlleuse pour la souveraineté et l’indépendance financière de notre pays, devrait encore se poursuivre en 2017. Point par point, la Cour des comptes déconstruit en effet les prévisions optimistes retenues par le gouvernement pour 2017, si bien que l’objectif d’un déficit à 2,7% du PIB paraît quasi-impossible à atteindre. Le rapport donne l’exemple, ô combien révélateur du clientélisme électoral des socialistes, de la masse salariale de l’Etat qui, sur la seule année 2017, devrait augmenter autant qu’entre 2011 et 2016 ! Ces décisions irresponsables auront des répercussions dommageables bien au-delà de 2017. Là encore, peu importe l’intérêt général, seule semble compter pour la gauche la rentabilité électorale de ses petites manœuvres.

 

Ne plus se contenter de demi-mesures

 

       Outre l’inadaptation des administrations dans leur organisation et la définition de leurs missions, la Cour des comptes fustige, en filigrane, le défaut constant de vision et de courage politique à la tête de l’Etat. Ce constat ressort cruellement dans le chapitre consacré à l’écotaxe poids lourds, épisode qui à lui seul traduit les échecs stratégiques et dispendieux du quinquennat Hollande. D’abord suspendue en 2013, avant d’être définitivement abandonnée dans la dernière loi de finances, l’écotaxe poids lourds a été un véritable fiasco pour l’exécutif : les hésitations et indécisions récurrentes du gouvernement ont généré pour le contribuable une charge de 1 milliard d’euros selon la Cour des comptes !

 
         En définitive, ce rapport nous rappelle l’étendue des défis qui attendent le prochain chef de l’Etat. Pour ma part, j’y vois l’impérieuse nécessité d'adopter des mesures certes radicales mais indispensables pour redonner à la France sa capacité d’action et son crédit sur la scène internationale. Et je n'oublie pas que, de cette débâcle, le candidat Emmanuel Macron est largement comptable, lui qui fut, pendant quatre ans, l'architecte de la politique économique du président Hollande.

La préfecture de police de Paris :
qui trop embrasse mal étreint ?


        Les critiques adressées à l'encontre de la préfecture de police de Paris viennent de tous côtés et traversent les clivages partisans. Ainsi, en 2011, alors qu'il était encore député du Finistère, l'actuel ministre de la justice Jean-Jacques URVOAS caractérisait l'institution d’"hérésie juridique qu’il est urgent d’abolir". Plus récemment, c'est mon collègue député Philippe GOUJON qui, dans une tribune parue dans Le Figaro, indiquait que la préfecture de police, "malade", était devenue "l’ombre d’elle-même".

        C'est précisément pour évaluer la pertinence de ces allégations que la commission des Finances du Sénat m'a confié une mission de contrôle sur la préfecture de police de Paris. Le rapport qui en résulte, présenté devant la commission des Finances du Sénat le 1er février, est désormais disponible. Vous pouvez d'ores et déjà en consulter, ci-dessous, les six principales recommandations.
 
Les principales préconisations
 
1. Transférer à la DGPN et à la DGSI les compétences du préfet de police en matière de police judiciaire, de police aux frontières et de renseignement, afin de recentrer la préfecture de police sur son coeur de métier.

2. En contrepartie, élargir la compétence opérationnelle de la préfecture de police à l’ensemble du territoire de la métropole, afin de rapprocher le périmètre de la police d’agglomération des bassins de délinquance.

3. Rapprocher la répartition des compétences entre le préfet de police et le maire de Paris du régime de droit commun, afin de permettre la mise en place d’une police municipale de plein exercice.

4. Redéfinir les relations avec les élus et les représentants de l’Etat, afin de remédier au sentiment d’éloignement lié à la mise en place de la police d’agglomération et de renforcer l’efficacité de l’action publique.

5. Augmenter les dépenses de maintenance immobilière afin de remédier à l’Etat de délabrement du parc et d’améliorer le cadre de travail des policiers.

6. Modifier les dispositifs visant à fidéliser les personnels afin de renforcer leur caractère incitatif et de tenir compte des durées minimales d’affectation.
Paris 2024 : "Made for sharing" ou le français déshonoré

         Dévoilé sur la Tour Eiffel voici deux semaines, le slogan officiel de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques 2024 sera donc en anglais : « Made for Sharing », littéralement « Venez partager ». Un choix qui, de façon tout à fait légitime, ne passe pas. Pour le justifier, l’organisation invoque le « caractère universel » de la compétition. C’est oublier que la première langue officielle des JO, depuis leur fondation par Pierre de Coubertin, est le français (cf. article 23 de la charte olympique). C’est oublier ensuite que la langue française est parlée par 300 millions de personnes à travers le monde et qu’elle constitue, depuis toujours, un vecteur de l’universalisme français. C’est oublier enfin que la langue française est consubstantielle au rayonnement et à l’attractivité de notre pays...
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